2005 - La Ville: Entre Représentations et Réalités (Francais)

La Ville: Entre Représentations et Réalités, by Claude Loupiac, SCÉRÉN-CNDP, Paris, 2005, pp. 233-234, w/repro.

Ce thème de la vitalité et de la simultanéité urbaines n’est pas propre à la seule peinture. Les photographes s’en emparent également. Certains choisissent des cadrages qui mettent en relief le mouvement – comme Germaine Krull (1897-1985) dans Trafic parisien, place de l’Étoile ou Ergy Landau (1896-1967) dans Gare Saint-Lazare – ou s’attachent aux impressions nocturnes – comme Felix Mann avec Big Ben ou Pierre Jahan (1909-2003) avec Luna-Park la nuit – ou encore aux reflets qui fragmentent l’espace urbain, comme Eugène Atget avec les devantures de magasin (Avenue des Gobelins; Boutique automobile) ou Jill Corson dans Fractured Hermès, Retro Mission, etc. D’autres juxtaposent des morceaux de réalité urbaine pour réaliser des photomontages qui créent une nouvelle image de la ville, traduisant sa complexité, ses rythmes saccadés, ses ruptures de volume et de perspective, comme dans Metropolis de Paul Citroën. Des cinéastes enfin se sont attachés à traduire les rythmes frénétiques des grandes villes. Avec L’Homme à la caméra, Dziga Vertov (1898-1954) se fait << reporter de la vitesse et de l’annotation fugitive >> et met en oeuvre les techniques de prise de vues et de montage du << ciné-oeil >>, pour traduire le temps d’une ville agitée par la fièvre économique, secouée par le travail, la production qui la morcelle et la rassemble.

— Claude Loupiac